Décès de la maman à M. Nicolas Sarkozy


Andrée Mallah, surnommée Dadu est morte à l’âge de 92 ans. Une triste nouvelle pour l’ancien chef de l’État, mais aussi pour sa femme, Carla Bruni-Sarkozy, qui avait tissé au fil des années, une relation très fusionnelle avec sa belle-mère.
Nico¬las Sarkozy est en deuil. L’ancien président de la République a perdu sa mère. Andrée Mallah, surnommée Dadu, est morte à l’âge de 92 ans. L’ex-chef de l’État était très proche de sa maman qu’il voyait très régu¬liè¬re¬ment. Sa femme, Carla Bruni-Sarkozy aimait aussi beaucoup sa belle-mère. L’ancien mannequin avait tissé des liens très forts avec la mère de son mari.
Pourtant, la situation semblait quelque peu compliquée au départ. Après un divorce difficile avec Cécilia, la mère de Nicolas Sarkozy avait déclaré dans les colonnes de Point de vue en 2007 qu’elle ne souhaitait pas que son fils se remarie à nouveau. Connue pour ne pas mâcher ses mots, la mère se montrait très protectrice au sujet de son fils bien-aimé.
Mais c’était sans compter l’arrivée de la belle Carla Bruni. L’ex-mannequin italien a très vite su charmer sa belle-mère. Dès 2008, Dadu n’en finissait plus de complimenter la nouvelle compagne de son fils : « Carla est une femme qui réunit un nombre de quali¬tés assez exceptionnelles : elle est très belle, très intelligente, très drôle et très gentille, c’est déjà un bilan pour une bonne femme ! » avait-elle déclaré amusée dans une interview pour Agora Vox.
Carla Bruni-Sarkozy était également parti¬cu¬liè¬re¬ment fan de sa belle-mère. « On dirait que l’âge n’a pas de prise sur elle » confiait-elle dans Elle. Complice, la femme de Nicolas Sarkozy publiait régu¬liè¬re¬ment des photos de Dadu sur son compte Insta¬gram. Une femme âgée, mais à l’aise avec son époque, dont elle aimait le côté très rock’n’¬roll. Aujourd’¬hui dispa¬rue, Andrée Mallah va terri¬ble¬ment manquer au clan Sarkozy.

Les histoires droles de l’echo

Les histoires drôles nous ont été envoyées par M René Timoteï de Bastia président d’une association d’anciens combattants.
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Une nana très laide et très méchante fait ses courses chez Carrefour avec ses 2 gamins super laids et très méchants !A la caisse, l’hôtesse lui dit :
 – « Bonjour madame, charmants vos enfants, ce sont des jumeaux ? »
 Très irritée la dame répond : – « Connasse y en a un qui a 7 ans et l’autre 5. Comment peuvent-ils être jumeaux, grosse conne ?
L’hôtesse répond:- Je ne suis pas conne, j’ai juste du mal à croire qu’on ait pu vous baiser 2 fois …
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Après 50 ans de mariage, Monsieur meurt . Quelques temps plus tard, madame s’en va à son tour Au ciel, elle retrouve son mari et court vers lui en disant – « Mon chéri, que c’est bon de te revoir « .
 Il lui répond :
 – « Ne m’énerve pas Véronique, le curé avait été très clair : « Jusqu’à ce que la mort vous sépare » !
> > Maintenant je suis libre, alors casse-toi… !
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Une femme demande à son mari : – Tu ferais quoi si je t’annonçais que j’ai gagné au loto …?? Son mari lui dit : Je prendrai la moitié de tes gains et je te quitterais ahahahaaah . La femme lui dit :
 – bah j’ai gagné 10EUR, tiens voilà 5 EUR, dégage…!
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Une femme regarde les résultats du loto et s’aperçoit qu’elle a les 6 bons numéros Bingo !!!!!!
 Folle de joie, elle crie par la fenêtre à son mari qui est de l’autre coté de la route : – « Chéri grouille-toi on a gagné au loto »
 L’homme saute de joie, traverse la route, un camion passe et l’écrase.
> > > > > > > > La femme: – Oh putain !!!! Quand la journée est bonne, elle est bonne !!!!
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Pourquoi le dictionnaire s’appelle-t-il « Larousse » ?
 Parce que s’il s’appelait « La Blonde », il n’aurait que deux pages !
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Un fils à sa mère :
- Maman !
- Oui chéri ?
 – Qui a acheté les fauteuils ?
 – C’est ton oncle
 – Et la télé ?
- C’est mon ami de Paris.
 – Et le tapis ?
 – Un cousin.
- La voiture quand même c’est papa ?
 – Non mon chéri c’est mon parrain.
>- Donc mon père n’a rien acheté dans cette maison ?
> > > > > > > > – Mon fils si je voulais compter sur ton père, toi-même tu ne serais pas encore né…Dis merci au voisin.
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Un couple regarde la télé le soir et le mari mange des cacahuètes en les jetant en l’air pour les faire tomber dans sa bouche. A un certain moment, sa femme qui passe derrière le canapé, le heurte et la cacahuète atterrit dans son oreille plutôt que dans sa bouche. Il a beau essayer de l’enlever, mais plus il essaie, plus la cacahuète s’enfonce pour finalement se coincer au fond de son oreille. Ne sachant plus quoi faire ils s’apprêtent à appeler un médecin, quand leur fille revient à la maison avec son petit ami.
Ce dernier examine l’oreille du père, lui met deux doigts dans le nez et lui demande de souffler… la cacahuète est alors expulsée de l’oreille. Quand la fille et son ami s’en vont, la femme demande à son mari- Ce garçon est doué, que penses-tu qu’il deviendra plus tard ?Sur quoi le mari, remis de ses émotions répond, impassible: – A en juger par l’odeur de ses doigts, probablement notre gendre !

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C’est une veuve de 75 ans qui va voir son médecin en lui expliquant qu’elle a des orgasmes à répétition. Il l’ausculte et lui dit: « Vous avez un abcès sur le clitoris ». « Ah bon, dit- elle et c’est ça qui me fait jouir? « Non, lui répond le toubib, en fait c’est l’asticot qui tourne autour ».
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Un curé va chez son médecin et lui dit qu’il a un petit bouton blanc sur le pénis. Le médecin regarde et lui enlève la petite chose. Le curé demande ce que c’était et le médecin lui répond: « Une dent de lait »

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!

Deux petits Somaliens discutent. L’un s’écrie : « J’en peux plus, on crève de faim ici ! Et dire qu’en France, à Nice, les enfants s’empiffrent de sandwichs et de sucreries sur la plage… Tant pis, moi, j’y vais, ! « Alors le petit Somalien se jette à l’eau et entame un long et très éprouvant périple. Il traverse tout d’abord la Mer Rouge et perd 4 kilos en nageant. Puis il longe le Canal de Suez et perd encore 2 kilos. Traverse ensuite la Méditerranée et perd à nouveau 4 kilos. Il arrive enfin, complètement épuisé, sur la plage de Nice. Il ne lui reste vraiment plus que la peau sur les os…… Il a perdu 10 kilos ! Là, il se mélange à un groupe d’enfants en colonie de vacances. Une femme vient vers le petit groupe et crie aux enfants :  » Qui n’a pas mangé ? « Tout joyeux, le petit Somalien s’écrie :  » MOI, MOI, MOI !!!  » . »Alors c’est bon…. Tu peux aller te baigner ! »
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Un bon mot de Louis XVIII sur Chateaubriand: »M. de Chateaubriand croit qu’il est devenu sourd depuis qu’il n’entend plus parler de lui »
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Au milieu d’un dîner bien arrosé, un invité assommant se vante auprès de Marcel Aymé:- Moi, Monsieur, je me suis fait tout seul !Et Marcel Aymé de rétorquer :- Ah, Monsieur, vous déchargez Dieu d’une bien grande responsabilité.

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Au restaurant, Alphonse Allais examine avec soin la carte et le menu, puis finit par commander :- Donnez-moi, pour commencer, une faute d’orthographe. Et le garçon, imperturbable, de répondre :- Nous n’en avons pas, Monsieur Allais.- Alors, dans ce cas, pourquoi les mettez-vous sur le menu ?

Chronique de JL Mattei

JL Mattei sa chronique hebdomadaire dans l’echo

 


L’EXOCET ou POISSON VOLANT.
C’est l’animal paradoxal par excellence ! Comme pourrait l’être l’homme libellule ou la femme à barbe…Quoique, en s’y penchant sérieusement, la femme à barbe…est possible, elle aussi. J’ai bien connu l’une d’entre elles qui aurait pu rivaliser avec n’importe quel barbu de la troisième république ! Laquelle fut aussi riche en barbus qu’en scandales financiers !Quoiqu’il en soit on trouve les poissons volants dans tous les océans, principalement dans les eaux chaudes tropicales. Lorsque le climat se réchauffe, (de colère quelquefois en écoutant certain Présidents !) on les trouve aussi en Méditerranée comme en témoignent les fresques minoennes. (Crète). Ils se caractérisent par l’extension de leurs nageoires pectorales, plus larges que celle, par exemple, de la girelle. Lesquelles nageoires leur permet d’effectuer des vols planés hors de l’eau dans le but d’échapper aux prédateurs. Chez certaines espèces, les nageoires pelviennes sont aussi inhabituellement larges, donnant à ces poissons quatre « ailes ». Ce qui les distingue de notre ami Glloq. (J’ai deux ailes au c..)Pour se préparer à un vol plané, le gars nage rapidement près de la surface de l’eau, ses nageoires près du corps. Lorsqu’il sort de l’eau, il les déploie. La nageoire caudale est en général très hérissée, avec le lobe inférieur plus long que le supérieur. Une asymétrie intéressante que l’on retrouve dans l’anatomie humaine dans un lieu que la décence m’interdit de nommer.
Le poisson déplace rapidement le lobe inférieur pour se propulser en avant lorsque le reste du corps est déjà hors de l’eau. Finalement, même la queue est hors de l’eau et le poisson vole. Comme le faisait le pigeon de nos jeunes années. Mais nos bestiaux ne battent pas des ailes. Comme dit l’autre ; « Tous n’étaient pas des anges. » En planant, le poisson volant peut doubler sa vitesse et atteindre des vitesses supérieures à 60 km/h. Les vols planés ont généralement une longueur de 30 à 50 m, mais des vols de plusieurs centaines de mètres ont été observés. Le poisson volant peut aussi faire des séries de vols planés en plongeant à chaque fois sa queue dans l’eau pour produire une nouvelle propulsion… Non mesdames, ce n’est pas ainsi que l’homme s’élève ! Quant à lui il lui faut votre secours. Est-ce ainsi que les bêtes sont ? JLM

Deux stars décèdent ensembles l’un d’entre eux tire la couverture médiatique

Deux stars décèdent ensembles l’un d’entre eux tire la couverture médiatique
Cette semaine, deux personnalités sont décédées à un jour d’intervalle : l’écrivain Jean d’Ormesson, mardi dernier, et Johnny Hallyday, hier matin. Samedi prochain, à 18h30, Thierry Ardisson présentera « Jean, Johnny, si vous nous regardez ». L’occasion pour les téléspectateurs de retrouver leurs meilleures interventions chez l’animateur dans « Bains de minut », « Tout le monde en parle » et « Salut les Terriens ». Jeanmarcmorandini.com a retrouvé dans les archives un passage de « Salut les Terriens ». Le 11 octobre 2008, Jean d’Ormesson était invité de l’émission hebdomadaire. Au cours de l’interview, l’Immortel a déclaré « [qu’]un écrivain doit faire attention à tout ce qu’il écrit, à tout ce qu’il dit et il doit faire attention à la façon dont il meurt ».Et de prendre un exemple : « C’est très mauvais pour un écrivain de mourir en même temps qu’Edith Piaf. Elle a pris toute la lumière pour elle et on n’a pas beaucoup parlé de Jean Cocteau ».

 

M. Jean D’ormesson est absent pour quelques temps

Monsieur Jean d’Ormesson de l’accadémie française s’est absenté pour quelques temps


Ce n’est pas seulement un écrivain qui disparaît avec Jean d’Ormesson, ni un symbole télévisuel de «l’esprit français», selon la formule consacrée. C’est une certaine idée de la droite. Avant de devenir le «Jean d’O» qu’on connaît, aimable, ouvert, élégamment conservateur, il fut un combattant. Directeur du Figaro, protagoniste d’innombrables débats, cet aristocrate pacifique sabrait comme un colonel d’Empire. Il sabrait la gauche, le PCF, Mitterrand, le Programme commun, le socialisme, bref, tout ce que ses lecteurs, autant que les excellences qu’il recevait à dîner ou dans ses demeures historiques, à Neuilly ou à Saint-Florent, détestaient .Puis, avec le temps, menant sa carrière d’écrivain cathodique promu dans la Pléiade, il avait arrondi sa manière et enrobé d’humour ses idées. Toujours bretteur de la main droite, gaulliste fidèle, sarkozien ironique, plaisantant avec Hollande, il avait troqué le sabre pour le fleuret. Il incarnait une droite aimable, libérale, adonnée d’abord à la littérature, regardant le jeu politique en spectateur de plus en plus distancié, professant, un peu à la manière de son maître, Chateaubriand, un aristocratisme attaché aux libertés et à une certaine mesure, légitimiste mais tolérant.La droite d’hier, peut-être. Pas celle d’aujourd’hui, en tout cas. Quoique normalien, Laurent Wauquiez est son exact contraire, Rastignac identitaire et cogneur, adepte du «gros rouge qui tache» autant que d’Ormesson préférait, au propre et au figuré, la coupe de champagne. Ne parlons pas de Marine Le Pen qu’il aurait à coup sûr laissée à la porte du parc. Avec lui s’efface donc une certaine idée du conservatisme, sans doute surannée, mais républicaine autant que bourgeoise. Après les élégants cavaliers, vient le temps des bourrins. Peut-être Jean d’Ormesson, somme toute, a-t-il préféré s’éloigner… D.M
Son dernier écrit….
Pour un peu, on l’entendrait presque, de sa voix chantante et flûtée, prononcer ces mots en les inscrivant sur le papier. Jeudi soir, l’éditrice Héloïse d’Ormesson, fille de l’écrivain Jean d’Ormesson, a livré les dernières phrases écrites par son père, décédé dans la nuit de lundi à mardi, qu’elle avait trouvées sur son bureau. « Une beauté pour toujours. Tout passe. Tout finit. Tout disparaît. Et moi qui m’imaginais devoir vivre pour toujours, qu’est-ce que je deviens ? Il n’est pas impossible… Mais que je sois passé sur et dans ce monde où vous avez vécu est une vérité et une beauté pour toujours et la mort elle-même ne peut rien contre moi », a écrit l’académicien, auteur d’une quarantaine d’ouvrages

 

Souvenirs souvenirs

Chacun y va de sa rencontre avec Johnny Halliday depuis le décès de ce dernier, allons y de la notre

 

Dans les années 64 nous collaborions à une émission sur Europe 1 dont le studio d’enregistrement était voisin à ceux de Frank Ténot et Daniel Filipacchi « Salut les Copains » . Les yéyés, c’est ainsi que l’on appelait les jeunes vedettes de l’époque qui pour se rendre au studio d’enregistrement défilaient sous nos vitres Certains saluaient d’autres nous ignoraient Pensez donc nous faisions la promotion des monstres de la chanson d’après guerre André Claveau, Luis Mariano, Dassary, Guétary, Les Compagnons Patachon etc Johnny empruntait le couloir comme les autres et nous saluait amicalement d’un geste de la main . Nous avons un ami photographe et moi-même loué un stand au premier salon de la voiture de course organisait à Paris par Servoz-Gavin et Beltoise Nous exposions des photos prises au Circuit Paul Ricard et des posters de vedettes dont Johnny Halliday présent au salon pour son inauguration. Johnny arriva devant notre modeste stand Nous serra la main et signa pendant plus d’une heure à notre grande joie les posters le concernant. Imaginez notre joie, la notoriété de notre stand et surtout la recette..
L’idole des jeunes
Pour l’état civil, Jean-Philippe Smet est né le 15 juin 1943. Non pas dans la rue, comme il le prétendit en mai 1969 dans une chanson écrite par son impayable planton des années Golf-Drouot, Long Chris, mais sur un lit de camp dressé à la hâte dans un couloir de la clinique Marie-Louise, située au numéro 3 de la cité Malesherbes, dans le IXe arrondissement de Paris. Son père, Léon, aurait été présent à l’accouchement. Il ne le reverra plus pendant des décennies. Quant à la rumeur selon laquelle, le jour de sa naissance, un scarabée serait mort («je le porte autour de mon cou», chantera-t-il même un moment en mode hippie-biker), comme le rapporte le même Long Chris dans son Voyage au pays des vivants (face B du single Que je t’aime), elle prête encore aujourd’hui largement à controverse. Jean-Philippe Smet est mort le 6 décembre 2017 d’un cancer du poumon, a annoncé son épouse, Johnny Hallyday, lui, a vu le jour sur la planète rock’n’roll le 18 avril 1960, lors de sa participation à une l’émission de télévision l’Ecole des vedettes, animée par la joviale Aimée Mortimer. Entre deux prestations banales de «nouveaux talents» vite oubliés, Line Renaud, alors auréolée de son statut de star universelle (elle avait triomphé à Las Vegas, enregistré en duo avec Dean Martin…), s’y portait publiquement garante d’un adolescent longiligne un rien timoré et prétendument «franco-américain», cheveux clairs et cranté, guitare Solist demi-caisse (débranchée) en bandoulière, vêtu d’un pantalon en cuir noir et d’une chemise sombre à col relevé. Allure qui, à l’époque, ne manquait pas d’intriguer. Moins pourtant que la façon dont le gamin, lâché devant le micro, allait se trémousser en gloussant l’un des ¬titres de son premier super-45-tours publié chez Vogue un mois plus tôt : Laisse les filles. Stupéfiée, la France de l’ORTF n’allait jamais s’en remettre, tandis que se creusait un peu plus, en direct sous ses yeux, le fossé des générations. L’ancienne ¬ricanant (au mieux) ou se désolant, la nouvelle prenant la pose devant le miroir de l’armoire flanquée d’un solide manche à balai. Car avant ¬Johnny (au diable Jean-Philippe), il n’y avait rien. Le rock hexagonal était synonyme de néant. Si quelques vagues «pionniers» inspirés par le bref exemple américain («Elvis fut perdu pour le rock du jour où il partit pour ¬l’armée», ironisera quelques années plus tard John Lennon) avaient bien commencé à percer (Gabriel Dalar via son adaptation de Fever ; Claude Piron, futur Danny Boy et futur poissonnier ; Danyel Gérard, «chanteur suffoquant» brisé par les obligations militaires…), aucun n’était réellement parvenu à s’imposer. Avec Hallyday, le doute n’est même pas permis. Ses premières scènes vont d’ailleurs provoquer l’ire des critiques. A l’Alhambra notamment où, invité pendant trois semaines à ¬assurer la première partie du jeune humoriste Raymond Devos, il est à l’origine d’une nouvelle bataille d’Hernani, opposant les occupants (nantis) des fauteuils d’orchestre aux trublions (fauchés) du balcon, constitués en majeure partie des amis du square de la Trinité. Parmi les plus féroces détracteurs du nouveau venu, Henri Salvador, responsable pourtant de quelques savoureux rocks parodiques (cosignés Boris Vian) sous le pseudonyme d’Henry Cording. Parmi ses soutiens : Hugues Aufray ou Yves Montand. Et Devos surtout, qui menacera d’interrompre son spectacle si, comme il en est question un ¬moment, Johnny se voit débarqué.

Obsèques Johnny Hallyday : un hommage populaire aux Champs-Elysées

Un « hommage populaire » sera rendu samedi à Paris au chanteur Johnny Hallyday, le convoi funéraire descendant les Champs-Elysées de l’Arc de Triomphe à la Concorde avant un « office religieux » à l’église de la Madeleine, a annoncé jeudi l’Elysée. Le président Emmanuel Macron « prendra brièvement la parole » pendant la cérémonie à la Madeleine, a indiqué la présidence de la République dans un communiqué, en notant que les détails et les horaires de cet hommage seraient précisés « par les proches de Johnny Hallyday et la préfecture de police » de Paris jeudi après-midi lors d’un point presse. Le chef de l’Etat participera avec son épouse Brigitte à cet « hommage populaire » organisé « en mémoire de Johnny Hallyday ». « Il a été convenu entre la famille, les proches de Johnny Hallyday et la présidence de la République que, dans le cadre de cet hommage populaire, le convoi funéraire partira de l’Arc de Triomphe, puis descendra les Champs-Elysées jusqu’à la place de la Concorde avant de se rendre à l’église de la Madeleine pour un office religieux. Les musiciens de Johnny Hallyday l’accompagneront musicalement », a précisé l’Elysée.
Deux veillées de prières jeudi soir et dimanche
En attendant le dernier adieu à Johnny, les fans du rocker sont conviés ce jeudi soir à une veillée de prières à l’église Saint-Roch, la paroisse parisienne des artistes. Une seconde est prévue dimanche. La maire de Paris, Anne Hidalgo, a annoncé sur Twitter que la ville lui rendra hommage en projetant le message « Merci Johnny » sur la Tour Eiffel de vendredi soir à dimanche soir, ainsi que sur la façade de la salle de spectacle de Bercy, où seront disposés des livres d’or. Johnny Hallyday est mort à 74 ans des suites d’un cancer du poumon dans sa maison de Marnes-la-Coquette, près de Paris. Sa dépouille a été transférée jeudi matin au funérarium du Mont-Valérien à Nanterre, non loin de chez lui. Le chanteur aux plus de 100 millions de disques vendus et dix Victoires de la musique, surnommé pour l’éternité « l’idole des jeunes », était encore monté sur scène en juin et juillet, avec Jacques Dutronc et Eddy Mitchell, pour la tournée des « Vieilles Canailles ». Cette « bête de scène », qui a rempli en 57 ans de carrière tous les plus grands lieux de l’Hexagone, du Stade de France au Champ de Mars, travaillait aussi à un nouvel album attendu en 2018.

Michel Mallory l’ami de la première heure..

 

Michel Mallory est l’auteur qui prend le plus de place dans la discographie de la star avec 113titres. 45ans d’amitié et de collaboration artistique, nées en Corse, lient les deux hommes.

 

Votre dernier contact avec lui?
Dans son dernier SMS, il me disait qu’il était sur un fauteuil, mais qu’il avait fait venir du matériel chez lui pour terminer son album. Nous avions d’ailleurs encore tous les deux un projet d’album country. Il voulait finir avec moi, comme nous avions commencé.
❚ Votre première rencontre? J’avais frappé à sa porte tout de jean vêtu, et quand il m’a ouvert, il acru que j’étais le plombier parce qu’il avait un problème de réfrigérateur. J’étais là parce qu’on m’avait demandé d’écrire une adaptation et de la lui amener. Tous les auteurs de Paris s’étaient cassé les dents là-dessus, j’y avais travaillé toute la nuit. J’ai très vite compris que cette adaptation l’emmerdait, et qu’il aurait préféré que je sois vraiment le plombier. J’ai fini par lui chanter la chanson, conscient que cet instant était important pour moi… Et j’ai passé une semaine chez lui, sans sortir une seule fois.
❚ Son décès fait resurgir tous les autres temps forts de votre parcours commun… Il ya bien sûr l’histoire de la chanson Toute la musique que j’aime .Nous étions partis en Angleterre pour entrer en studio. David Bowie d’un côté, les Stones de l’autre dont les musiciens qui faisaient les cuivres écoutaient avec attention notre chanson. C’est eux que vous entendez sur Toute la musique que j’aime .Johnny, c’est aussi la présence d’un véritable ami dans les moments difficiles. Nos souvenirs en commun, c’est aussi des vacances avec les enfants, la première fois qu’il est venu en Corse avec son bateau. Il y eut des moments plus tristes. Nous étions seuls à Saint-Tropez à l’époque où son histoire avec Adeline prenait fin. Il était vraiment très malheureux.Quand on s’écrivait, on terminait toujours par « Je t’aime mon pote ».
❚ Pourquoi Johnny était-il au-dessus de tout le monde? Parce que ce garçon-là a touché la gloire dès l’âge de 16 ans, quand il a commencé à chanter à Juan-les-Pins. Il a été un précurseur, celui qui a osé beaucoup de choses.Je me souviens d’un soir où nous sommes entrés dans un restaurant dans lequel avaient déjà pris place Belmondo et Pelé. Quand il est entré, ils avaient disparu. Et puis il y avait la scène. Il était timide et introverti dans la vie, mais en concert, il allait au bout de ses gestes et au bout de ses mots. Mais accéder au rang de star, c’est le public qui décide, et si Johnny est entré à ce point dans le cœur des Français, c’est parce qu’il n’a jamais triché.
❚ Son décès, c’est la fin de l’histoire? Il n’est pas mort, il s’est juste absenté. Ce qu’il nous laisse en héritage, c’est absolument énorme. Après la gueule de bois, on va vraiment s’en rendre compte.

 

 

 

 

 

Le roi est mort vive l’idole

Le Roi est mort vive l’idole

Pour l’état civil, Jean-Philippe Smet est né le 15 juin 1943. Non pas dans la rue, comme il le prétendit en mai 1969 dans une chanson écrite par son impayable planton des années Golf-Drouot, Long Chris, mais sur un lit de camp dressé à la hâte dans un couloir de la clinique Marie-Louise, située au numéro 3 de la cité Malesherbes, dans le IXe arrondissement de Paris. Son père, Léon, aurait été présent à l’accouchement. Il ne le reverra plus pendant des décennies. Quant à la rumeur selon laquelle, le jour de sa naissance, un scarabée serait mort («je le porte autour de mon cou», chantera-t-il même un moment en mode hippie-biker), comme le rapporte le même Long Chris dans son Voyage au pays des vivants (face B du single Que je t’aime), elle prête encore aujourd’hui largement à controverse. Jean-Philippe Smet est mort le 6 décembre 2017 d’un cancer du poumon, a annoncé son épouse, Læticia Hallyday, dans un communiqué.
A lire aussiJohnny, 74 ans dont presque 60 sur scène
Premières scènes
Johnny Hallyday, lui, a vu le jour sur la planète rock’n’roll le 18 avril 1960, lors de sa participation à une l’émission de télévision l’Ecole des vedettes, animée par la joviale Aimée Mortimer. Entre deux prestations banales de «nouveaux talents» vite oubliés, Line Renaud, alors auréolée de son statut de star universelle (elle avait triomphé à Las Vegas, enregistré en duo avec Dean Martin…), s’y portait publiquement garante d’un adolescent longiligne un rien timoré et prétendument «franco-américain», cheveux clairs et cranté, guitare Solist demi-caisse (débranchée) en bandoulière, vêtu d’un pantalon en cuir noir et d’une chemise sombre à col relevé. Allure qui, à l’époque, ne manquait pas d’intriguer. Moins pourtant que la façon dont le gamin, lâché devant le micro, allait se trémousser en gloussant l’un des ¬titres de son premier super-45-tours publié chez Vogue un mois plus tôt : Laisse les filles. Stupéfiée, la France de l’ORTF n’allait jamais s’en remettre, tandis que se creusait un peu plus, en direct sous ses yeux, le fossé des générations. L’ancienne ¬ricanant (au mieux) ou se désolant, la nouvelle prenant la pose devant le miroir de l’armoire flanquée d’un solide manche à balai.
Car avant ¬Johnny (au diable Jean-Philippe), il n’y avait rien. Le rock hexagonal était synonyme de néant. Si quelques vagues «pionniers» inspirés par le bref exemple américain («Elvis fut perdu pour le rock du jour où il partit pour ¬l’armée», ironisera quelques années plus tard John Lennon) avaient bien commencé à percer (Gabriel Dalar via son adaptation de Fever ; Claude Piron, futur Danny Boy et futur poissonnier ; Danyel Gérard, «chanteur suffoquant» brisé par les obligations militaires…), aucun n’était réellement parvenu à s’imposer. Avec Hallyday, le doute n’est même pas permis. Ses premières scènes vont d’ailleurs provoquer l’ire des critiques. A l’Alhambra notamment où, invité pendant trois semaines à ¬assurer la première partie du jeune humoriste Raymond Devos, il est à l’origine d’une nouvelle bataille d’Hernani, opposant les occupants (nantis) des fauteuils d’orchestre aux trublions (fauchés) du balcon, constitués en majeure partie des amis du square de la Trinité. Parmi les plus féroces détracteurs du nouveau venu, Henri Salvador, responsable pourtant de quelques savoureux rocks parodiques (cosignés Boris Vian) sous le pseudonyme d’Henry Cording. Parmi ses soutiens : Hugues Aufray ou Yves Montand. Et Devos surtout, qui menacera d’interrompre son spectacle si, comme il en est question un ¬moment, Johnny se voit débarqué.
Changement de répertoire
Rien ne peut plus freiner désormais l’extension du phénomène Hallyday. Tête de pont d’un nouveau mouvement musical (mais aussi social) qui va traverser l’Hexagone, ¬Johnny enchaîne en effet les performances publiques remarquées, après un passage pour le moins ¬controversé (la soirée va dégénérer en bagarre générale) à la Nuit du jazz de la salle Wagram, en décembre 1960. Deux mois plus tard, nouveaux incidents, au Palais des sports cette fois, où Johnny partage l’affiche avec les Chaussettes noires, Frankie Jordan, l’Américain Bobby Rydell et l’Italien Little Tony. -Conséquence : la province panique et de nombreuses municipalités préviennent qu’elles refuseront de programmer ¬celui en qui certains chroniqueurs (François Mauriac notamment) voient une émanation du Malin. Le 19 septembre, pourtant, Johnny Hallyday ¬effectue ses débuts à l’Olympia, à l’instigation de l’un de ses admirateurs de la ¬première heure, Bruno Coquatrix.
En seize mois, le gamin gentiment raillé par Line Renaud, sa marraine, s’est métamorphosé. Pris en mains par un cador du business, l’impresario Johnny Stark (futur manager de Mireille Mathieu) et, sur le plan artistique, par le mari de sa cousine, le chorégraphe et danseur américain Lee Hallyday, Johnny a changé simultanément de label phonographique (Philips au détriment de Vogue), de look (la chemise en dentelles a été remplacée par un smoking), et surtout de répertoire : les ineptes Kili Watch et autre Itsy Bitsy Petit Bikini ayant cédé la place à des chansons signées Charles Aznavour et Georges Garvarentz, dont le célèbre Retiens la nuit, extrait du film à sketchs les Parisiennes dans lequel l’acteur débutant Johnny, rose et frais, donne la réplique à Catherine ¬Deneuve, fraîche et rose.
Idole des jeunes
L’année 1961 est aussi celle du twist. Comme tous ses confrères rockeurs en herbe (ceux qu’on appellera bientôt «yéyés»), Johnny sacrifie à la dernière danse importée des Etats-Unis. C’est pour lui la première manifestation d’un étrange syndrome musical qui le suivra toute sa carrière, poussant à exploiter systématiquement tous les nouveaux genres à la mode. Les meilleurs comme les pires.
A l’automne 1962, son deuxième Olympia n’en est pas moins un triomphe. Sur la scène du music-hall du boulevard des Capucines, Johnny interprète la chanson qu’il vient tout juste d’enregistrer, l’Idole des jeunes (adaptation d’un tube de Ricky Nelson), qui va lui valoir un surnom qui ne le quittera plus. Et surtout, il transforme la Bagarre (Trouble d’Elvis Presley) en un furieux ballet, qui le voit se débarrasser en quelques coups de tatanes bien placés de trois vauriens tout droit sortis d’un West Side Story à la française. C’est la première manifestation de cet aspect showman du personnage, qui constituera désormais le point d’orgue de tous ses spectacles à venir, jusqu’à basculer parfois dans la démesure.

Photo Henri Bureau. Corbis. Getty.
L’année 1962 est d’ailleurs charnière dans la carrière et la vie de Johnny Hallyday. Il a enfin découvert l’Amérique, où il a enregistré (à Nashville) son premier disque en anglais, et rencontré sur la scène de l’Olympia, le même soir, Sylvie Vartan et Vince Taylor. La première «ouvre» pour le second. En attendant les fiançailles prochaines, ce qui fascine surtout Johnny ce jour-là, c’est la double grosse caisse utilisée par Bobbie Clarke, le batteur des Playboys, l’orchestre de Taylor, «l’Archange noir du rock». A l’époque, ¬Johnny est accompagné par les Golden Stars, un quintette dont le pianiste est un jazzman réputé, Marc Hemmeler. C’est lui qui fera connaître au jeune chanteur plusieurs géants du jazz comme, par exemple, Ray Charles ou Erroll Garner, et c’est lui toujours qui l’initiera à ces premiers vices communs que sont la consommation de tabac et d’alcool. «Je lui ai appris à boire, à faire durer les verres afin de ne pas tomber tout de suite, expliquera ainsi Hemmeler, et à fumer des ¬Gitanes sans tousser dès la première bouffée.» Présent à l’Olympia lors du concert de Vince Taylor, Hemmeler n’a pas manqué de remarquer l’intérêt que porte Johnny à l’attirail de Bobbie Clarke : «J’en ai tout de suite parlé notre batteur, Louis Belloni, en lui conseillant de doubler lui aussi sa grosse caisse. Il m’a ri au nez. Quelques mois plus tard, il était remplacé par… Bobbie Clarke.»
En 1963, Johnny Hallyday fête son vingtième anniversaire place de la Nation, en compagnie de 150 000 invités. C’est le magazine Salut les copains qui a organisé ce raout gratuit. Du côté des auto¬rités politiques, policières et bien pensantes, c’est l’alerte rouge. La jeunesse est dans la rue et ce n’est pas encore devenu une fâcheuse habitude. Dans la presse, Philippe Bouvard, qui joue déjà les grosses têtes, pose ainsi cette question ahurissante : «Quelle différence entre le twist de Vincennes et les discours d’Hitler au Reichstag, si ce n’est un certain parti pris de musicalité ?» Quant au président de la Répub¬lique, Charles de Gaulle, il affirme que si la jeunesse a tant d’énergie à revendre, il conviendrait peut-être de lui faire construire des routes. Il n’a pas tout à fait tort, cela dit, puisque cinq ans plus tard, à défaut de routes, ce sont des barricades que la jeunesse va lui édifier.
Menace du rock british
Johnny, pendant ce temps-là, apprend l’équitation. Il doit tourner en Camargue un navet à la Presley, D’où viens-tu Johnny ? dont la vedette féminine est Sylvie Vartan, sa fiancée et bientôt épouse (le 12 avril 1965). Il prépare aussi un nouveau spectacle. «C’est à cette époque, aimait-il raconter, qu’un jour quatre Anglais ont débarqué d’un minibus garé devant l’Olympia. Ils arrivaient de Hambourg, ayant entendu dire que je cherchais des musiciens. Mais entre-temps, j’avais déjà engagé un nouvel orchestre. “Tant pis”, ont-ils dit avant de reprendre la route. Ils s’appelaient les Beatles.»
Le «nouvel orchestre» en question n’est autre que Joey and the Showmen : trois anciens membres des Golden Stars (dont Marc Hemmeler toujours), plus Bobbie Clarke, plus le guitariste américain Joey Greco escorté de son ami bassiste Ralph Di Pietro. De l’avis de tous les spécialistes, c’était le meilleur groupe jamais rassemblé par Hallyday. En compagnie de Joey and the Showmen, il va enregistrer quelques-uns de ses meilleurs disques (Olympia 64 ; les Rocks les plus ter¬ribles…) avant de partir pour ¬Offenbourg, à l’armée. C’est ainsi, en «ami bidasse», qu’il reparaît sur la pochette d’un super-45-tours appelé à devenir l’une de ses meilleures ventes de disques (comportant le ¬titre le Pénitencier). Adaptation ¬signée Hugues Aufray et Vline Buggy d’un thème traditionnel du folklore américain qui allait faire, sensiblement à la même époque, la fortune d’un groupe de blues de Newcastle, The Animals.
Car la menace du rock britannique se fait de plus en plus forte. Du côté des Etats-Unis c’est la décrépitude. Eddie Cochran et Buddy Holly sont morts, Gene Vincent est infirme et moribond, Chuck Berry et Jerry Lee Lewis ont des problèmes judi-ciaires, Pat Boone a dénaturé le ¬répertoire de Little Richard et Elvis Presley est sous perfusion. Pendant ce temps-là, dans les îles britan¬niques, le cheveu pousse et le blues s’éclaircit. Il est bel et bien terminé le temps du madison, du surf et du hully gully. L’ex-sergent Smet, redevenu Johnny, se cherche alors, entre adaptations des Beatles (Je l’aime ; Je veux te graver dans ma vie) et traductions d’Otis Redding (Du respect), de Bob Dylan (Maintenant ou jamais) ou d’Ike et Tina Turner (Je crois qu’il me rend fou).
Guerre avec Antoine
On pense même que comme beaucoup d’autres chanteurs avant lui, il va payer ses longs mois de ¬caserne, quand il est pris directement à partie par les tenants d’un nouveau genre musical contestataire se réclamant du mouvement beatnik, et dont le chef de file (et unique représentant français) se prénomme Antoine : il propose ni plus ni moins, dans sa chanson emblématique, les Elucubrations, de mettre «Johnny Hallyday en cage à Médrano». L’intéressé réagit très mal à cette phrase, d’autant qu’il a compris la menace réelle que fait peser sur lui son désormais rival, à un moment où, grâce à Dylan notamment, la musique n’hésite pas à aborder des problèmes de société. A côté des phénomènes traités par Antoine et les siens (guerre, contraception, sexualité…), le répertoire de Johnny paraît soudain bien ¬désuet.
Pour la première fois depuis le début de sa carrière, ce dernier se retrouve en difficulté. Il réplique néanmoins en enregistrant le réactionnaire Cheveux longs et Idées courtes. C’est la guerre entre les partisans des deux chanteurs. En août 1966, un concert d’Antoine au théâtre de Verdure de Nice est interrompu par l’intervention (jets de bombes lacrymogènes) d’un commando «hallydaysque». Vingt ans après les faits, ¬Johnny n’avait toujours pas pardonné à son adversaire, curieusement reconverti navigateur exo¬tique, désignant systématiquement celui-ci sous le terme imagé de «poubelle flottante».
La fin des années 60 va être de plus en plus pénible pour Johnny Hallyday, comme elle l’aura été pour ses comparses de la sainte trilogie du rock franchouillard, Eddy Mitchell et Dick Rivers, tous engagés dans une sérieuse traversée du désert. Mais, à l’inverse de ces derniers, il bénéficie d’un noyau de fans indéfectibles. Qui ne sont pas forcément toujours bien avisés (au point de siffler The Jimi Hendrix Experience, première partie de leur idole, en octobre 1966 à l’Olympia), mais prêts à le suivre aveuglément quoi qu’il fasse : qu’il se convertisse subitement au mouvement hippie, qu’il la joue motard, messie, voyou, pistolero spaghetti, travesti, héros de bédé ou de tragédie shakespearienne (on ira même jusqu’à étudier son Hamlet dans certains établissements du secondaire).
Intouchable en France
Artiste parvenu à maturité, mais classé chez les disquaires dans les bacs «variétés» (le rock a disparu d’ailleurs, on ne parle plus que de pop music), ¬Johnny s’accommode alors assez bien de l’étrange dualité de sa carrière. Phonographique d’un côté, avec des disques souvent insipides, articulés autour d’un ou deux tubes potentiels (Oh ma jolie Sarah ; Que je t’aime ; Ma Gueule ; Toute la musique que j’aime, ¬Gabrielle…). Scénique de l’autre, avec des shows de plus en plus spectaculaires et performants. L’idole des jeunes s’est métamorphosée en bête de scène accomplie, tour à tour boxeur, «blueseux» symphonique, Mad Max tricolore, Conan le barbare, ange aux yeux de laser, Son of Anarchy… A tel point que l’on ne comprend pas très bien, outre-Atlantique, ce qui le retient de partir à la conquête des Etats-Unis, pays friand de ce genre de barnums ¬ pyrotechniques.
Shelby Singleton Jr., en particulier, producteur (en 1962) de son premier album en anglais ¬(Johnny en enregistrera un second, Rough Town, en 1994) et qui a relancé, à Nashville, le label Sun de Sam Phillips, le verrait bien entamer une carrière américaine. Dans ce but, il bricole même des bandes sur lesquelles on entend Johnny chanter en duo avec Elvis Presley. Vérification faite, il ne s’agit pas du «King» mais d’un imitateur masqué, Jimmy Ellis, alias «Orion», chanteur assassiné en décembre 1988 en Alabama, pendant un vol à main armée. Johnny ne connaîtra donc pas le succès international. Sinon sur le plan anecdotique (plages chantées en allemand avec les Rattles, singles gravés en italien, en espagnol, en japonais…). Il ne s’en soucie guère.
En France, dans le monde du show-biz, il fait figure d’institution. Eu égard à sa longévité mais aussi, et surtout, à ses dons de caméléon. Et dès lors qu’il est placé derrière un micro, il supporte mal de ne pas rester le patron. Menacé, le gentil patriarche redevient soudain jeune lion. Ils vont être ainsi nombreux à se faire laminer publiquement : Carmel, Pascal Obispo, ¬Patrick Bruel, Lara Fabian et même Florent Pagny.

Johnny Hallyday au Palais des Sports en 1969. (AFP)

Mais qu’espéraient-ils à vouloir se frotter à l’un de ces (rares) vocalistes dont on prétend qu’ils pourraient chanter le bottin (avec Johnny, d’ailleurs, on en a été souvent pas très loin)? Un type qui, en d’autres temps a fait jeu égal, à Nashville, avec Tony Joe White, Carl Perkins, The Stray Cats, Don Everly et ¬Emmylou Harris. Juste avant que Michel Berger, Jean-Jacques Goldman, Etienne Roda-Gil lui concoctent successivement des albums sur mesure (les derniers vraiment no¬tables) et qu’il investisse des lieux de spectacles aux capacités de plus en plus démesurées (Parc des princes, Stade de France, Champs-de-Mars…), au moment précis où, ironie du sort, son chant devenait vocifération. Johnny Hallyday aura même réussi l’exploit, demeuré, à ce jour ¬unique en France, d’entraîner, en 1966, 5 000 fans à 10 000 kilomètres de Paris, à Las Vegas (la ville où il est paradoxalement moins connu que son ex-épouse Sylvie Vartan – ils ont divorcé en novembre 1980), afin d’assister (en jetlag) à ce qui restera sans doute comme le pire de ses concerts.
Alternant sans discontinuer le grotesque et le sublime, Johnny aura toujours été un personnage excessif. Ses ratages se révélant aussi exemplaires que ses réussites, sur le plan humain comme sur le plan ¬artistique. Mais quand il choisit de s’engager, il ne le fait pas à moitié. Et ce, pas forcément dans un secteur où on l’attendrait. Ainsi en 2002, malgré ses deux hanches en plas¬tique, décide-t-il décide de participer au rallye Paris-Dakar en compagnie d’un ancien vainqueur de l’épreuve, René Metge. Pendant quinze jours, il va en baver comme jamais, mais, crevé, vidé, décomposé, il sera ¬présent à l’arrivée.
Drame médical
Entre novembre et décembre 2009, en plein «Tour ¬¬66» tournée 66, annoncé comme le der des der après 50cinquante ans de carrière sur scène, c’est la tragédie  : une opération d’une hernie discale, faite à Paris par le docteur Delajoux, qui va se transformer en drame national. Après avoir pris l’avion pour Los Angeles, le chanteur, 66 ans, qui a pris l’avion pour Los Angeles, est placé en coma artificiel pendant une semaine, puis réopéré au centre médical Cedar Sinaï Hospital par le docteur Hunt. «J’ai frôlé et côtoyé la mort», écrira-t-il plus tard dans un document envoyé au tribunal et réclamant une expertise.
A priori à terre, il se relève une nouvelle fois et se livre à un come-back inespéré. Johnny reprend puissance 10 000 –  «comme si je devais mourir demain», chantait-il en 1972  – et enchaîne depuis sa rééducation début 2010. D’abord, il se débarrasse de celui qui était son producteur depuis dix-neuf ans, Jean-Claude Camus, qu’on n’a guère vu à son chevet (ce que ne lui pardonnera pas David, le fils). ¬Johnny est resté vivant mais il a de gros problèmes d’argent, dus à l’annulation de sa tournée, pour laquelle il avait touché une substantielle avance, et pense régler ça en choisissant Gilbert Coullier, producteur de stars internationales. Et c’est parti pour une incroyable frénésie d’albums et de tournées.
D’abord, Jamais seul, en collaboration avec Matthieu Chedid (album sorti en mars 2011). Suivi de l’Attente (2012), du pur Miossec, plus facilement adaptable pour Johnny que du Chedid. Puis la mégatournée 2012-2013, en France, à l’étranger, (Tel-Aviv, Londres, etc.) avec des concerts d’une énergie parfois ¬effrayante. Et encore ses 70 ans à Bercy en 2013, avec le «Born Rocker Tour». La même année que paraît l’étrange ¬livre Dans mes yeux, écrit par Amanda Sthers, dans lequel il balance sans balancer, se confie sans se confier, charogne sans charogner. En 2013 toujours, comme pour oublier son âge, il tourne avec Claude Lelouch Salaud, on t’aime, entre Sandrine Bonnaire, Eddy ¬Mitchell et Irène Jacob.
Jusqu’au n’importe quoi
En 2014, il est aux Etats-Unis, en tournée, et se produit aussi à Bercy avec Jacques Dutronc et Eddy Mitchell (les Vieilles Canailles, que la tendresse nous empêchera ici de dégommer). Ah oui, la tour Eiffel aussi, en 2011, avant la tournée de fin d’année… dans ce tourbillon un peu hystéro, on l’avait oubliée. Enfin, le 49e album studio, Rester vivant, sorti un vendredi 13 de 2015. Et le 50e, le dernier, De l’amour, avec l’ultime tournée, de l’été 2015 à l’été 2016. Ses plus grands titres, du grand Johnny, magnétisme et voix intacts, malgré cette espèce d’urgence à la fois jubilatoire et désespérée, transpercée comme toujours par l’idée de la mort.
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C’était sa recette magique  : cette force qui l’habitait. Une force déséquilibrée, qui le dominait souvent plus que lui-même ne la maîtrisait, le poussant fréquemment à sombrer dans le n’importe quoi. Le titre de son ¬autobiographie, Destroy, est d’ailleurs explicite, qui prouve qu’il n’était nullement dupe de cet état de fait. Et même qu’il s’en accommodait fort bien. Il suffisait d’évoquer devant lui les repentances et autres conversions diététiques d’un David Bowie ou d’un Mick Jagger pour qu’il réponde instantanément : «Mick Jagger ! Parlons-en justement. La dernière fois que j’ai dîné avec lui, il est tombé la tête la première dans son potage avant même qu’on ne débarrasse son couvert.» Qui croira en effet sérieusement que l’on sacrifie un demi-siècle à la cause du rock (ne serait-ce qu’à mi-temps), en mâchant du pilpil et en buvant du thé ? Johnny «Yoda» avait tellement chargé la mule qu’on en était quasiment arrivé à le croire immortel. Carburant indifféremment au Botox, à la DHEA, aux Gitanes et au Southern Comfort. Le 13 janvier 1981, un télex de l’AFP n’annonçait-il pas son décès foudroyant (cancer de la gorge) à l’hôpital de Bobigny ? Mis au parfum, le prétendu défunt en avait rigolé pendant deux bonnes années. Laps de temps nécessaire à la conception d’une nouvelle tournée, malicieusement intitulée «le Survivant». Cette fois, pourtant…
Serge LOUPIEN , Emmanuèle Peyret

D’ormesson une grande plume nous quitte

 

Ce n’est pas seulement un écrivain qui disparaît avec Jean d’Ormesson, ni un symbole télévisuel de «l’esprit français», selon la formule consacrée. C’est une certaine idée de la droite. Avant de devenir le «Jean d’O» qu’on connaît, aimable, ouvert, élégamment conservateur, il fut un combattant.Directeur du Figaro, protagoniste d’innombrables débats, cette aristocrate pacifique sabrait comme un colonel d’Empire. Il sabrait la gauche, le PCF, Mitterrand, le Programme commun, le socialisme, bref, tout ce que ses lecteurs, autant que les excellences qu’il recevait à dîner ou dans ses demeures historiques, à Neuilly ou à Saint-Florent, détestaient.Puis, avec le temps, menant sa carrière d’écrivain cathodique promu dans la Pléiade, il avait arrondi sa manière et enrobé d’humour ses idées. Toujours bretteur de la main droite, gaulliste fidèle, sarkozien ironique, plaisantant avec Hollande, il avait troqué le sabre pour le fleuret. Il incarnait une droite aimable, libérale, adonnée d’abord à la littérature, regardant le jeu politique en spectateur de plus en plus distancié, professant, un peu à la manière de son maître, Chateaubriand, un aristocratisme attaché aux libertés et à une certaine mesure, légitimiste mais tolérant.La droite d’hier, peut-être. Pas celle d’aujourd’hui, en tout cas. Quoique normalien, Laurent Wauquiez est son exact contraire, Rastignac identitaire et cogneur, adepte du «gros rouge qui tache» autant que d’Ormesson préférait, au propre et au figuré, la coupe de champagne. Ne parlons pas de Marine Le Pen qu’il aurait à coup sûr laissée à la porte du parc. Avec lui s’efface donc une certaine idée du conservatisme, sans doute surannée, mais républicaine autant que bourgeoise. Après les élégants cavaliers, vient le temps des bourrins. Peut-être Jean d’Ormesson, somme toute, a-t-il préféré s’éloigner…

 

 

 

Deces de Jean d’Ormesson

 

 

 

L’écrivain et chroniqueur Jean d’Ormesson est mort d’une crise cardiaque à son domicile de Neuilly-sur-Seine dans la nuit du mardi 5 décembre, à l’âge de 92 ans, annonce à l’AFP sa fille, l’éditrice Héloïse d’Ormesson.
Surnommé Jean d’O, ancien directeur général du « Figaro » de 1974 à 1977, cette figure médiatique de l’intelligentsia de droite était le doyen de l’Académie française, dont il était membre depuis 1973.
Né à Paris en 1925, élève de l’Ecole normale supérieure et agrégé de philosophie, il était habitué des plateaux de télévision, où son esprit et son humour faisaient merveille dans le commentaire de l’actualité politique et culturelle.
Romancier prolifique, il avait reçu le Grand prix du roman de l’Académie française pour « La Gloire de l’Empire » en 1971. Fait rare, il avait même été édité de son vivant dans la prestigieuse collection La Pléiade des éditions Gallimard, en 2015.
« Il a toujours dit qu’il partirait sans avoir tout dit et c’est aujourd’hui. Il nous laisse de merveilleux livres », déclare Héloïse d’Ormesson.