Cinq ans requis contre Dominique Tian

Cinq ans d’inéligibilité requis contre Dominque Tian

 


La fin de la carrière politique de Dominique Tian ou une interruption de cinq années. L’ex député sera fixé le 26 janvier 2018 On connait Dominique Tian, il fut député du « Frioul » et fréquenta l’archipel pendant son mandat , une association frioulaise a bénéficier largement de la présence du député pour toutes les commémorations, la fête à Pagnol, la ronde du frioul etc etc.. C’était un petit QG pour M. l’adjoint au maire de Marseille Dominique Tian a aidé des associations en versant quelques euros de son indemnité parlementaire. Battu par Claire Pitollat aux dernières législatives celui qui reste adjoint au maire de Marseille doit s’expliquer comme tout citoyen sur une fraude fiscal qui risque de lui couter sa carrière politique.
Tian agravi sa montagne suisse. Bon an mal an. Tantôt àpetits pas, àmots choisis, à verbe retenu ou dans un flot de paroles soutenues, parfois aussi avec quelques difficultés, le tribunal se montrant insistant, comme s’il voulait savoir quel citoyen se cachait derrière l’élu de laRépublique en délicatesse. Il y eut donc des avancées tranquilles, des marchesdouloureuses, des virages fiscaux difficiles ànégocier et quelques pistes noires… Comme si le judiciaire matait le politique, le déshabillait, puis le mettait à nu dans une manière de voyeurisme qui n’oserait dire son nom.
« Situation familiale compliquée » On progressa d’affrontement balisé en affrontement balisé, chacun tenant son rang, le juge cherchant lapetite faille derrière la colonne vertébrale de l’élu. Costume bleu impeccable, cravate de choix,sa barbe récente rasée et l’œil en alerte, Dominique Tian, 57ans, ex-député des Bouches-du-Rhône et actuel premier adjoint au maire de Marseille,s’est posé hier en »repenti » devant le tribunal correctionnel de Paris. Un terme qu’il arevendiqué lui-même, évoquant « une situation familiale compliquée » à lamort de Maurice Marius Tian, le père, le 8 novembre 1996.Les trois frèresTian auraient alors découvert le compte suisse ouvert en1976 par le patriarche. Un compte qui en fera trois à l’arrivée,à la banque Lombard Odier, à la banque Pictet et à l’UBS, pour un total de quelque 2,2 millions d’euros à ce jour.Ce sont ces comptes qui interrogent la justice. Le fisc y a vu « des manquements délibérés », même si ces comptes n’ont pas été alimentés ensuite par des revenus venant de France. »Tout cela n’a été que des montages f iscaux décidés par les banques,se défend Dominique Tian. Nous n’avons jamais accepté de partir dans des paradis fiscaux. » Pourtant, c’est lui qui, en 1997 puis en1998, fait la démarche de se rendre en Suisse. C’est lui qui créera des sociétés écrans, deux sociétés panaméennes, même s’il soutient que ce sont les banquiers suisses qui lui ont soufflé l’astuce. Au total et à l’arrivée, la transactionsur l’évasion fiscale s’est conclue avec le fisc par le paiement d’un redressement de 664 000euros. Forme de lâcheté « Blanchiment de fraude fiscale de 1997 à2014 et déclaration de patrimoine m ensongère en 2012 »:voilà qui parle à la France d’en bas, des qualifications pénales qui résonnent fort dans la tête du justiciable ordinaire. Assisté de son avocat, MeThierry Marembert, Dominique Tian explique que c’est la directive Cazeneuve de 2014 qui l’a poussé àrégulariser. Comme 51 000 autres Français. « Avant, il n’y avait pas decadre juridique », plaide-t-il. La formule agace la présidente Bénédicte de Perthuis: « Il n’y a pas besoinde cadre juridique pour déclarer ses impôts »,bondit-elle.Dominique Tian explique qu’il a envisagé de donner l’argent à laCroix-Rouge suisse, àses deux frères… « Il y a une forme de lâcheté de ma part », concède-t-il. On voit poindre le fourmillement du désenchantement.Tian n’est pas Vidocq, encore qu’il y eut de la rouerie chez Vidocq. S’il ne l’a pas fait avant 2014, donne-t-il à entendre, c’est aussi parce que les luttes politiques seraient féroces à Marseille et que « ça aurait été dans la presse le lendemain ». Plus corsées sont les questions sur son rôle de député rapporteur à l’Assemblée sur la fraude sociale. La présidente pousse l’ironie: « Il n’y a pas une forme deschizophrénie à fustiger les petits fraudeurs au RSA et dans le même temps d’économiser de l’impôt sur la fortune? Vous comprenez qu’onpeut avoir plus d’exigence envers un élu qu’envers un citoyen lambda? » insiste-t-elle. « Plus vous retardez, et plus la phase qui va échapper au fisc est importante »,lui rappellera le procureur Pierre Jeanjean qui a critiqué hier « ses manquements à latransparence ». Il a fustigé « un élu qui s’arrange et revendique l’impunité », avant de réclamer contre lui douze mois de prison avec sursis, 300 000¤ d’amende et cinq ans d’inéligibilité. Le jugement a été mis en délibéré au 26janvier.