Coup de gueule de Monti

Coup de gueule

Coup de gueule de Monti

Quiconque a trempé dans le journalisme, ou y trempe encore est dans la nécessité cruelle de saluer des hommes qu’il méprise, de sourire à son meilleur ennemi, de pactiser avec les plus fétides bassesses, de se salir les doigts en voulant payer ses agresseurs avec leur monnaie. On s’habitue à voir faire le mal, à le laisser faire, on commence par l’approuver, on finit par le commettre. A la longue, l’âme sans cesse maculée par les honteuses et continuelles transactions, s’amoindrit, le ressort des pensées nobles se rouille, les gonds de la banalité s’usent et tournent d’eux même. Les Alceste deviennent des Philinte, les caractères se détrempent, les talents s’abâtardissent, la foi dans les belles œuvres s’envolent. Tel qui voulait s’enorgueillir des ses  pages se dépense en de tristes articles que sa conscience lui signale tôt ou tard comme autant de mauvaises actions. Le journaliste est présenté comme un Zorro des temps modernes, dynamique instruit (..) cultivé, un brin dérangeant et… honnête la carte de presse qui ressemble étrangement à une carte de « flic » permet d’exercer la profession et d’ouvrir de nombreuses portes hors du cadre professionnel la commission qui attribue ce bout de carton barré d’un tricolore éblouissant ressemblant ressemblent aux Erinyes d’avant Homère : elles ne reconnaissent aucune autorité, leur destin est celui « du journalisme » et de ses lois pas toujours écrites. Notre bipède pourfend les abus dénonce « les ménages » trop rémunérés, relève les incompatibilités  entre une profession journalistique indépendante et certaine pratiques Et ses « notules médias » devraient faire frémir la profession..   Dominique Monti

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