Coup de gueule de Monti

Coup de gueule de MOnti Toujours les paradoxes du «démocratisme» qui sévit en cette fin de mouvement. Les «gilets jaunes», suivis de très loin par le gouvernement, qui cherche à sortir de l’impasse par un «grand débat», ne jurent que par la démocratie directe. Et c’est un fait que la crise politique oblige à aller dans ce sens, par exemple en instaurant un «référendum partagé» plus facile à mettre en oeuvre, ou en introduisant une dose de proportionnelle dans l’élection du Parlement. Mais une dichotomie pavlovienne s’installe dans le débat public. Les élus? Coupés du peuple, corrompus, non représentatifs… Les assemblées de citoyens, aux ronds-points ou dans les mairies? Le sel de la terre, la légitimité incarnée, le civisme en actes. Un peu simple, non? France 3 montre dimanche qu’une des premières séances du «grand débat» voulu par le Président pour apaiser la révolte des gilets jaunes, a réuni 100 personnes à Massy. Gros succès, dit le maire, qui a dû rajouter des chaises dans la salle. Débat vif, intéressant, qui donnera lieu à une synthèse envoyée à Paris. Fort bien. Qui peut se plaindre de cet exercice démocratique? Un soupçon de réserve, toutefois: il y a à Massy quelque 30 000 électeurs inscrits. Les 100 personnes qui se sont déplacées pour le «grand débat» méritent une médaille du civisme. Représentent-elles les 29 900 qui sont restées chez elles ou qui avaient d’autres obligations? La remarque n’est pas polémique. Mais chacun sait que le système des «assemblées populaires» touche rarement la majorité et même, en général, n’intéresse qu’une petite minorité. C’est un thermomètre, un indicateur, un lieu d’écoute. «Le socialisme ne peut pas marcher, disait Oscar Wilde [socialiste lui-même], il prend trop de soirées.» Les gilets jaunes, dans leur grande majorité, sont fort respectables. Mais ils ont réuni samedi dernier moins de 100 000 personnes en France (le raisonnement ne changerait pas s’ils étaient 200 000). Au fond, qui représentent-ils?
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