Coup de gueule de Monti

Coup de gueule de Monti

Le Parlement ne pourrait exercer aucun contrôle sur le fonctionnement de la présidence ou des ministères, alors qu’il dispose d’un droit de regard sur le budget de l’Elysée, qu’il peut envoyer des députés contrôler l’usage des fonds publics dans tel ou tel ministère, mettre sur pied des commissions d’enquête sur tel ou tel aspect de l’action gouvernementale, etc. La justice ne pourrait mettre en examen un ministre, ni enquêter sur tel ou tel fonctionnaire de l’exécutif, alors qu’elle en a depuis toujours le droit. De même que l’exécutif nomme certains hauts magistrats et peut donner des consignes générales aux procureurs de la République. La question se pose différemment : la commission sénatoriale a-t-elle outrepassé les prérogatives prévues par la Constitution ? Philippe Bas a répondu : le rapport de la commission propose des changements destinés à éviter que se reproduisent les dysfonctionnements qu’elle a observés, non dans les décisions politiques prises par le chef de l’Etat, mais dans le fonctionnement administratif de l’Elysée, ce qui n’est pas la même chose. Il semble bien que dans cette dispute, l’avantage soit à Philippe Bas et non à l’Elysée.Et surtout, on craint que cette polémique juridique ne soit destinée à masquer la vraie question : oui ou non, la conduite de cette affaire par l’Elysée était-elle judicieuse, droite, transparente ? On voit bien que non. Au lieu d’écarter le jeune conseiller pour avoir outrepassé sa mission le 1er mai, l’Elysée a pris une sanction faible et, de plus, fort peu appliquée : Alexandre Benalla a continué d’exercer ses fonctions ambiguës pendant sa période de mise à pied, il a gardé son téléphone crypté, il a conservé ses passeports… De même, ses supérieurs sont passés à côté des activités parallèles exercées par Benalla, qui ont consisté, par exemple, à négocier un contrat privé de sécurité avec un oligarque russe tout en étant en poste à l’Elysée, ce qui est tout de même fort de café. Bref, l’Elysée a commis boulette sur boulette, donnant le sentiment de vouloir protéger un collaborateur défaillant au lieu de l’écarter. Ce que la commission Bas a justement mis en évidence.

Cette affaire médiocre et lamentable a eu en revanche un mérite : créer un précédent en permettant à une commission parlementaire d’éclairer les citoyens sur les pas de clerc commis par la présidence. Chose utile, qui renforce la fonction de contrôle exercée par les représentants de la Nation sur le comportement de l’exécutif, qui est à la base du principe de la souveraineté populaire. A quelque chose malheur macronien est bon. La séparation des pouvoirs ne saurait servir de paravent à la défaillance de l’un d’entre eux.

Frioul Culture Bien Être

L’Association Frioul Culture Bien-être vous informe qu’elle tiendra son Assemblée Générale Ordinaire, le 16 mars 2019 à 15h30.  Elle se déroulera au Centre Léo Lagrange. Merci de votre présence.Ci-joint pouvoir, pour ceux qui ne peuvent se déplacer.L’A G se clôturera par un apéritif. Bien à vous La  Présidente Mme YM Campana

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