coup de gueule de Monti Echo

Coup de Gueule de Dominique Monti

 


C’est devenu un « marronnier » parmi d’autres : la fessée est en débat. Ca tombe bien : il y avait longtemps
qu’on n’avait pas trouvé une occasion de battre notre coulpe… Donc, le Conseil de l’Europe s’est une fois de plus penché sur la fessée, en l’occurrence pour savoir si les enfants étaient explicitement protégés par la loi. Le résultat de cette enquête n’est pas fameux, puisque finalement 27 pays sur 47 restent évasifs sur les châtiments corporels. Rassurons-nous donc, la France n’est pas le seul chat noir, parmi les autres coupables il y a aussi, dans notre quartier, le Royaume Uni, l’Irlande et la Belgique. Et plus loin, la Russie. Il paraît qu’on est 27, avec les rosbifs, les plus rétifs à sanctionner par la loi ce débordement regrettable, N’attendez pas que je me prononce doctement sur l’utilité pédagogique de la fessée : à mon avis, on peut faire sans, mais c’est
vous qui voyez, entre la cinglée qui fourre ses minots dans le micro-onde et la petite tape au cul en passant par la gifle sûrement trop sévère qui est partie toute seule, il y a de la marge pour le vécu des uns et des autres. En tout cas, je ne pense pas qu’il se trouve un théoricien pour vous dire que le mieux, pour que Virginie ou Dominique mangent leur tapioca sans regimber, c’est de leur balancer des torgnoles à dévisser une girouette, ou de ressortir de l’armoire le martinet de Pépé qui ne devrait servir que dans les nuances de gris…, il a fallu s’en remettre aux commentaires éclairés de pédopsychiatres antagonistes, et on n’a pas été déçus. . Moi, si j’avais été là, j’en aurais profité pour demander à nos experts en violences faites aux enfants ce qu’ils pensaient de la circoncision. C’est dans le sujet, non ?? Si la violence faite au petit enfant commence à la torgnole – comment doit-on appeler ce crime rituel ? Il me semble que « mutilation » est le mot adéquat. En tout cas, c’est une violation explicite d’un des principes de la Convention européenne des droits des enfants, dont, hélas, le Conseil de l’Europe
devrait théoriquement être le gardien vigilant. On ne peut que s’étonner de constater qu’il ne fait reproche à personne de ne pas faire figurer dans sa législation une condamnation explicite de l’ablation du prépuce chez un nourrisson incapable d’exprimer un consentement qui serait la moindre des choses vu les conséquences de ce geste. Conséquences qui sont multiples : d’abord, évidemment, la douleur, difficile à contester, et que, me semble-t-il, on minimise de façon odieuse ; mais aussi l’inscription de force dans une religion, de façon irrévocable, ce qui est un abus de pouvoir scandaleux, Vous allez me dire : bah, ça ne peut pas lui faire de mal, et c’est plus propre, donc c’est pour son bien. C’est toujours le genre d’argument qu’on sortquand on fait des conneries. On comprend que le Conseil de l’Europe ait préféré ne pas s’en mêler, y a que matière à se fâcher, dans ce truc. Comme chaque fois qu’il y a « religion » dans le cornet. Des gens qui s’en sont mêlés, par exemple, un tribunal allemand qui, en 2012, a mis les pieds dans le plat en interdisant purement et simplement de circoncire quiconque. Aussitôt, les communautés juives ont hurlé à la violation de la liberté religieuse. Et une fois de plus, c’est la religion qui a gagné : six mois plus tard, le Parlement allemand votait une loi autorisant la circoncision « pour motifs religieux ». Mais ne croyez pas que, dans cette affaire, les chrétiens soient blanc-bleu : en imposant le baptême à des minots, les quelques uns qui restent en France leur collent sur le dos une étiquette dont ils auront bien du mal à se débarrasser s’il y a lieu, vu que le sacrement est indélébile, La violence physique sur un enfant peut donc être légitime quand elle se fait au nom de Dieu, et illégitime quand elle procède d’une faute humaine ? La baffe que l’on regrette immédiatement, c’est très méchant, mais il faudrait peut-être vérifier ce qu’en disent l’Evangile, la Bible et le Coran. Et chercher où commence l’abus d’autorité parentale en monothéisme. Des fois que, dans la lignée de la transmission religieuse par les parents, le coup de pied au cul soit autorisé au même titre que le pédobaptisme et la circoncision. Il paraît même que l’excision des fillettes, c’est aussi couvert par la religion, ici ou là, même dans nos banlieues, mais chut ! On ne sait jamais, il faudrait réviser la Convention de Genève. Ah mais, dite, il y a là un beau débat, un vrai, quasiment un sujet du bac philo. Rien à voir avec les parlottes contradictoires mais culpabilisantes qu’on nous a servies. Au fait, Dieu, il en pense quoi, de la fessée ? Dominique Monti

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