Flosse perd sa dernière grande bataille, Fritch gagne sa première grande bataille

Flosse perd sa dernière grande bataille, Fritch gagne sa première grande bataille

Dès  que les annonces ont commencé à tomber sur les scores des trois candidats Tapura,(49.18%) Tahoeraa (27.72%), Tavini,(23.11%), la journaliste de la première chaine de télé , annonçait la fin de la carrière politique de Gaston Flosse. Le premier choc passé, le président du Tahoeraa a repris sa combativité sans grands moyens certes, par rapport à ceux extrêmement juteux d’Edouard Fritch, Edouard a donné. Il a gagné.   La différence entre le Tapura et le Tahoeraa était déjà très importante au premier tour et malgré le formidable moteur qui pousse en avant Gaston Flosse, il n’a réuni sur son blason que près de 900 voix au deuxième tour contre plus de 5000 pour le Tavini et 13.000 pour le Tapura. Il faudra aujourd’hui analyser pourquoi cette bérézina alors que le Tahoeraa est un parti où le social et la famille ont la toute première place. Mais quelle déception pour le vieux lion qui s’est une nouvelle fois donné au-delà des limites du possible dans cette campagne  après avoir sondé pendant des semaines les Polynésiens des quartiers sur ce qu’ils espéraient obtenir pour améliorer leur vie s’il était gagnant. Ce qui avait donné les 12 fameuses mesures sociales. Et cela n’a pas marché. Etait ce la campagne virulente d’Oscar Temaru sur la corruption englobant Tapura et Tahoeraa ? Un mot tellement galvaudé qu’on ne sait plus à quoi il correspond vraiment mais qui a touché Flosse abîmé par ses anciens procès dont la presse s’est toujours voracement régalée. Il a payé ses erreurs mais la hargne volontaire de la justice et de l’Etat à se débarrasser  d’un président de parti trop encombrant a certainement joué aussi. En revanche Edouard Fritch qui ne s’était jamais frotté au vote populaire puisqu’il avait été bombardé “président du pays” par Gaston Flosse au lendemain d’une grande victoire de celui-ci, celle de 2013 où 62.340 électeurs avaient voté orange mais où la justice l’avait rendu immédiatement inéligible, a gagné haut la main et sans trop d’efforts, avec une bonne organisation, sa première élection. L’Assemblée devra élire le président qu’elle mettra au perchoir sur les conseils du nouveau président du pays, le 17 mai, et le président de la Polynésie française le lendemain. Il aura alors cinq jours pour former son gouvernement et 5 ans pour prouver aux milliers de Polynésiens qu’il est vraiment le meilleur pour le job avec tous les atouts en mains, le législatif et l’exécutif et des syndicats qui rentreront dans le rang probablement. Malheur au vaincu ? Non, il bouge encore ce diable d’homme qu’est Gaston Flosse. Il réunit ce matin son bureau exécutif et il a deux ans pour préparer ceux qu’il aura choisi pour affronter les communales. Il n’a pas intérêt à se tromper d’hommes. Ceux qui le voyaient déjà se reposer, se trompe.  C’est loupé ! Archi loupé car dans deux ans il est à nouveau éligible. A moins qu’il ne décide de passer le relais. Ce qu’il devra faire en cherchant la bonne personne ayant une certaine expérience pour remplacer le plus médiocre des médiocres à Papeete, Michel Buillard, toujours content de lui. Toujours est-il que cet homme pressé considère qu’en politique, il est toujours plus tard qu’on ne croit et qu’il convient de partir avant l’heure. Elémentaire, mon cher Watson, mais ce n’est pas toujours payant ! En attendant, nous ne manquerons pas de féliciter Edouard Fritch pour un score auquel ne s’attendait pas l’opposition. Le plus dur reste à faire et le premier test sera la composition de son gouvernement. Bonne chance ,d’autant que les Polynésiens n’ont plus vraiment confiance dans les hommes au pouvoir si l’on en croit les reportages des télévisions hier soir. Mais une chose est sûre, Fritch n’a plus besoin d’aller piocher chez son opposition d’autres représentants. Il est assez bien pourvu sans être goulu !

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