JL Matteï sa chronique de l’echo

La chronique de Jean Louis Matteï

 

 

Le Poisson-pierre ou Synancée (Synanceia verrucosa) est réputé pour être le plus venimeux au monde.

                       

L’animal mesure entre trente et quarante centimètres. Son corps globuleux plutôt informe, flasque, boursouflé  est couvert d’excroissances cutanées verruqueuses. (verrucosa). Vu son aspect Il lui serait difficile de concourir au titre de Monsieur Univers ou de Miss Univers. Ses couleurs ? Elles vont du blanc au violet en passant par le brunâtre, le jaunâtre ou le rosâtre ! Ce qui n’ajoute rien à sa beauté ! En fait il est difficilement définissable parce qu’il présente un mimétisme « homotypique » : C’est à dire : la faculté de se confondre avec son environnement. Sa peau dépourvue d’écailles sécrète un mucus capable de retenir les débris coralliens et les algues emportés par le courant : ce camouflage le rend généralement presque parfaitement indétectable au milieu des roches couvertes d’algues. Sa tête énorme se termine par une bouche bien camouflée. Elle s’ouvre vers le haut. Les yeux sont en position dorsale, séparés par un creux. Au sommet de son corps 13 courtes épines dorsales sont reliées à des glandes à venin. Il peut les dresser très rapidement pour piquer un éventuel agresseur et injecter ses toxines extrêmement puissantes.Le poisson-pierre peuple la Mer Rouge et l’Indo-Pacifique: il est commun à La Réunion, à l’île Maurice ou en Australie occidentale, il se rencontre également en Polynésie, en Nouvelle-Calédonie et sûrement dans d’autres régions du monde. Le bestiau est  capable de s’ensabler, de manière presque indétectable. C’est un poisson côtier. Il vit généralement posé sur le fond à faible profondeur (de la surface à 50 m de profondeur), confondu parmi les roches. Il se rencontre de jour dans les zones rocheuses et les épaves, caché dans des anfractuosités. On le rencontre, aussi, enterré dans des zones sableuses. L’animal se nourrit la nuit de petits poissons et de crevettes qu’il aspire avec sa gueule d’un mouvement réputé être un des plus rapides du monde animal. (Ils n’ont pas connu ma grand mère devant un plat d’escargots à la provençale !!!)Ses 13 épines dorsales (13 ! porte malheur !) reliées à une glande à venin et le camouflage qu’il pratique rendent le bestiau extrêmement dangereux pour des baigneurs qui marcheraient sur lui. C’est le poisson le plus venimeux au monde. Ses épines sont si fortes et pointues qu’elles peuvent percer une semelle de chaussure. La piqûre provoque un gonflement important. Piqûre parfois accompagnée d’une coloration noirâtre ou bleuâtre et de brûlures localisées. La douleur intense qu’elle suscite grimpe dans tout le membre touché. Elle entraînera une perte de conscience et dans certains cas la mort par arrêt cardiaque (ou noyade). Son venin est un puissant neurotoxique qui paralyse les muscles et attaque le système nerveux. Pour gérer la blessure, une succion énergique apporte des sucs digestifs sur la blessure. Cela qui peut inactiver une partie du venin délivré par le bestiau. Faut aimer…cette pratique ! Ce venin étant thermolabile (il est détruit à environ 50°C), il est utile de chauffer la zone piquée. Le venin reste ensuite au moins un mois dans le corps, ce qui laisse une gêne plus ou moins forte. En quelque sorte le diable métamorphosé en bestiau. Mais nous le savions : Le diable n’est-il pas bestial ? Est-ce ainsi que les bêtes sont ?  J-L M.

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