La chronique de Jean Louis Matteï

La chronique de Jean Louis Matteï

 

 

Blatte ou cafard ou cancrelat.

Sacré bestiau que ce bestiau là ! Ce sont des « résistants ». Vous allez comprendre pourquoi.Les espèces de blattes nuisibles sont sinanthropes (La synanthropie désigne la capacité de certaines espèces de la flore et de la faune sauvage à habiter des écosystèmes urbains en s’adaptant aux conditions environnementales créées par l’activité humaine).On les retrouve principalement dans les cuisines, où elles se nourrissent des déchets des humains. De fait 6 000 espèces  de blattes sont réparties à travers le monde. Leur apparition sur Terre date de près de 355 millions d’années. Une paille ! La majorité des espèces possèdent deux paires d’ailes. On retrouve aussi des espèces qui n’ont pas d’ailes ou des ailes de taille réduite. Les blattes peuplent presque tous les habitats terrestres à travers le monde. Les espèces nuisibles sont capables de s’adapter à une multitude d’habitats.

  Ils préfèrent, bien sûr, la chaleur trouvée dans les habitations. Les cafards sont des charognards, ils avalent absolument tout. Y compris le plastique. On pourrait, peut-être, les utiliser pour bouffer l’ensemble de nos déchets plastiques. C’est-y pas une bonne suggestion ? Bien qu’ils aient une préférence pour les sucres, les protéines et les féculents, ils sont également connus pour apprécier les cheveux, les livres, la matière en décomposition [les cafards mangent même leur propre larve et leurs semblables].Ils peuvent également être porteurs de microbes et provoquer, alors, des allergies chez l’homme. Sympas les bestiaux ! Les blattes ont une très forte capacité d’adaptation. Ils s’accoutument de génération en génération aux différents poisons proposés par les hommes pour leurs repas. Certains pièges utilisent les phéromones de la femelle pour attirer les blattes mâles. Coquins, les mecs ! Les appâts contenant de l’hydraméthylnone (ouf !) ou du fipronil en gel (le fipronil est interdit en Europe pour un usage agricole ou phytosanitaire) et de la poudre d’acide borique sont toxiques pour les blattes. Les produits insecticides visant les œufs et les produits antiparasitaires contenant de la  pyréthrine sont très efficaces. Qu’on se le dise.Les blattes sont très résistantes aux radiations. Y compris à des doses de radiations mortelles pour l’homme. Leur dose létale peut être jusqu’à quinze fois plus élevée que celle de l’homme. Le périmètre de Tchernobyl regorge de blattes…dit-on ! Les bestiaux sont capables de rester actifs pendant plus d’un mois sans nourriture. Capables, encore, de survivre sur des ressources limitées. En s’alimentant, par exemple, de la colle à des timbre-poste. Tous les goûts sont dans la nature… Certains peuvent être immergés sous l’eau pendant plus de 30 minutes et survivre. Des expérimentations sur des blattes décapitées ont permis de montrer qu’elles sont encore capables de réaliser nombre de comportements. Elles peuvent éviter les chocs ou bien prendre la fuite en cas de danger. Ces comportements se retrouvent également chez de nombreux invertébrés décapités. Cette capacité aurait été utile au bon Roi Louis XVI, à son épouse et à quelques nobles récalcitrants. Robespierre n’aurait pas refusé ce savoir faire… Rappelons que le système nerveux central des insectes est constitué d’une double chaîne ventrale de ganglions  situés sur le long du corps. Les ganglions les plus massifs sont intégrés pour former le cerveau situé dans la cavité de l’exosquelette de la tête. La tête seule peut survivre pendant plusieurs heures. Le corps est également capable de survivre. Chapeau ! Si j’ose dire…    Est-ce ainsi que les bêtes sont    JL M.

 

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