La chronique de JL Mattei

La chronique de JL Mattei

 

 

L’Anophèle meurtrière.       

Affirmons la chose tout de suite : les anophèles sont les insectes les plus meurtriers de la planète. Responsables de près de 800 000 décès par an. On estime qu’ils ont provoqué la moitié des morts humaines par parasitage, depuis les origines de l’homme. Imaginez le truc : une guerre de science fiction : un lâcher d’anophèles sur l’ennemi héréditaire du moment ! Une hécatombe sans coup férir. Une guerre soft en quelque sorte, plus meurtrière que l’attaque inattendue et japonaise sur Pearl Harbour !Le genre anophèle, dont l’étymologie signifie “inutile“, regroupe 464 espèces de moustiques de quelques millimètres de long. Ils représentent les vecteurs de la malaria (paludisme).   En 2009, 225 millions de personnes étaient infectées par le plasmodium, le parasite responsable. On recensait 781 000 décès.D’autres insectes, tels que la puce du rat ou la mouche tsé-tsé, fonctionnent sur un modèle similaire. Ils sont vecteurs ( ils transportent) et responsables de centaines de milliers de morts. La mouche tsé tsé (Glossina morsitans) est ainsi responsable de 7000 à 9000 morts par an. Xenopsylla cheopis, ou Nosopsyllus fasciatus, des puces du rat, sont responsables quant à elles, de certaines des plus grandes épidémies de peste de l’histoire. La funestement célèbre peste noire de 1347 – 1352 éradiqua près de 25 millions d’européens (entre 30 et 50% de la population totale).   D’autres insectes prétendent au titre de plus meurtrier dont la majorité sont des espèces d’hyménoptères, abeilles ou frelons dont la particularité consiste à attaquer en groupe. Les canailles ! On recense parmi ceux-ci, les frelons géants japonais (Vespa mandarinia japonica), responsables de 30 à 50 décès par an, et les abeilles africanisées (les abeilles tueuses) de l’espèce hybride issue de Apis mellifera scutellata et Apis mellifera ligustica, responsables de plus de 50 décès par an, surtout aux Etats-Unis et au Brésil. Les différentes espèces de guêpes et d’abeilles occasionnent un nombre de décès de cet ordre également. Les fourmis Siafu et les fourmis de feu sont également de redoutables tueurs, occasionnant plus de 20 décès par an, principalement en Afrique centrale. Que se passe-t-il dans les labos militaires vous demandez-vous ? Nous pouvons l’imaginer. Quelques chercheurs masqués, déguisés en aimables apiculteurs, en éleveurs de puces, ou en entomologistes charmants, se penchent patiemment sur leurs binoculaires en toute innocence. Et ceci : « Pour le développement de la science ! » Dans l’ombre des laboratoires, ils recensent les tueurs. Ils sélectionnent les plus valeureux, les plus lestes. Ils développent leur résistance. Ils imaginent les guerres futures. Elles consisteront, peut-être, à conditionner des anophèles tueuses qui réagiront aux ultra-sons d’un soigneur ingénu, père de famille nombreuse et président d’une association humanitaire ayant pignon sur rue.      Est-ce ainsi que les bêtes sont ? JL Mattei Affaire

 

 

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