La chronique hebdomadaire de JL Mattei

La chronique hebdomadaire de JL Mattei

 

 

Loge de l’Archipel.

Dans un texte magnifique qu’il écrit à propos d’un de ses voyages en Grèce, je veux parler de «  Le Colosse de Maroussi», Henry Miller présente ainsi son arrivée : « La Grèce demeure, on ne sait comment, sous la protection du Créateur ; on croit Le voir hocher la tête au-dessus d’elle. Les hommes, pauvres chétifs, peuvent bien se livrer à toutes leurs diableries impuissantes, même en Grèce- la magie de Dieu poursuit son oeuvre ; la race humaine a beau faire, ou s’efforcer de faire, la Grèce demeure une enceinte sacrée et le demeurera… »C’est en ces termes et dans cette disposition d’esprit que je me propose de vous parler de l’Archipel du Frioul. Je reprendrai volontiers, en le plagiant sans aucune honte, ces quelques lignes pour présenter l’Archipel du FRIOUL : « L’archipel du Frioul demeure, on ne sait comment, sous la protection du Créateur…etc. » Il suffit de faire quelques pas, de quitter les quais encombrés et la tutelle des terrasses tapageuses, pour rejoindre très vite, les reliefs d’une Grèce de rêve. Un relief bouleversé, sec, parfumé des senteurs du maquis où viennent jouer ensemble le romarin et l’iode maritime, le calcaire aride et le fenouil odorant, les pins couchés, tordus par les tempêtes et les maigres épineux qui courent le long de sentes.L’Archipel, je le dirai aussi, reste béni des dieux ! Quels sont ceux qui se penchèrent sur son berceau ? Poséidon « énosikhton » -celui qui ébranle la terre- comme disaient les grecs anciens, bien sûr ! Amphitrite et Ceto (déesse des dangers maritimes), Brizo (patronne des marins) Egéon (tempêtes), Méduse, bien sûr ! Les Harpies, esprits ailés des rafales de vent soudaines, compagnes du Prince Mistral. Et bien d’autres sans doute qui se glissent certains jours à l’aplomb de nos rochers où guettent quelques gabians malicieux et fiers. Dieux rieurs et malins, joueurs et provocants, toujours appelant au discernement des hommes.L’Archipel est notre Grèce. Chacun le sait. Les jours de grand vent quand le ciel dégagé et innocent, emporte nos rêves, cette Grèce intérieure effleure au ras des houles, chevauchant l’écume des vagues en frise, les mousses bouillonnantes qui jouent et irisent l’acidité bleue des eaux. Là, dans les profondeurs marines, vivent nos imaginaires. Viennent s’y reposer nos songes. Peut-être, en surgissent, certaines fois, quelques terreurs qui étreignent l’enfant agité ? Mais bientôt la mère (la mer ?) chantonne une berceuse et l’enfant s’apaise. Elle même s’endort au creux de cette vague qui porte l’enfant et les rythmes du sommeil. Ensemble ils voguent vers des terres lointaines où abondent le miel et les douceurs suaves. Ils se réveilleront en souriant : « Que le monde est beau quand on en prend soin! »Vraiment, les Dieux veillent sur l’Archipel !   J-L M.

 

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