La chronique JL Mattei

La Chronique de Michel Matteî

Le Basiliscus plumifrons : UN qui marche sur l’eau…

Lui marche réellement sur l’eau ! C’est un saurien de la famille des Corytophanidae. (Pourquoi pas ?). En français, on le nomme Basilic à plumes, Basilic vert, Basilic Jésus ou Lézard Jésus-Christ. Son nom de Lézard Jésus-Christ lui a été donné pour sa prodigieuse capacité à courir, bien sûr, sur l’eau grâce à sa rapidité lorsqu’il court sur ses deux pattes arrière. (Alors que le futur Saint Thomas, lui, n’avait pas saisi que l’ensemble des apôtres et leur leader marchait sur des pavés en partie immergés !)Le bestiau est vert brillant (émeraude) avec du bleu et du blanc sur la gorge et des points plus foncés, verts et bruns sur le dos. La queue est plus foncée. Chez des jeunes, le brun et le noir dominent. Le mâle possède une double crête sur la tête et une haute crête sur le dos. Les femelles n’ont qu’une seule crête sous forme de bosse. La queue est particulièrement longue, occupant environ 2/3 du corps. La taille d’un mâle adulte peut atteindre 80 cm.Perché dans les arbres jusque dans les cimes de la forêt tropicale près de cours d’eau, il se laisse tomber dans les étangs ou les rivières lorsqu’il craint un danger.L’animal est unique par sa faculté de courir sur l’eau pour fuir ses prédateurs, en position bipède, utilisant uniquement ses pattes arrière pour se maintenir à la surface de l’eau et pour avancer. Ce comportement concerne aussi bien les nouveau-nés que les adultes. Il est d’autant plus spectaculaire que la masse du lézard varie considérablement au cours de sa croissance : les nouveau-nés pèsent environ deux grammes tandis que les adultes peuvent atteindre 200 g.C’est la combinaison de la faible masse du lézard et de la large surface de contact avec l’eau (développée par un mouvement complexe de ses pattes arrière et par le dépliement de palmes) qui permet au bestiau de se soutenir à la surface de l’eau. Cela lui permet d’aller à une vitesse maximale de 10 km/h. Il s’aide de sa queue en frappant l’eau. Ce battement rapide crée une petite vague qui aide à le porter sur l’eau. Un homme qui voudrait imiter l’exploit du reptile devrait atteindre une vitesse de 110 km/h et avoir des muscles 15 fois plus puissants que ceux d’un homme normal. Bon les générations qui nous suivront, ces fameux « hommes augmentés » atteindront, peut-être, ces vitesses. Mais comme dit mon voisin : « Ce n’est pas demain la veille ! » Ajoutons qu’il s’agit d’un des rares iguanes pour lequel on a observé, quelquefois,  une reproduction par parthénogénèse, c’est-à-dire une reproduction sans mâle (par division des cellules embryonnaires de la femelle). Avouez que chez nous il serait dommage d’adopter cette manière de se reproduire… ou de se câliner…   Est-ce ainsi que les bêtes sont ?

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