Mattei la page animalière

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LES ANEMONES DE MER.

Dans la biologie marine ces bestioles se distinguent : Elles appartiennent, à la fois, au règne animal et au règne végétal. Dieu s’est-il gouré dans le partage ? A moins qu’il le fasse délibérément pour nous perdre dans nos classements. Ceci pour nous rappeler : « Qui est le vrai patron ? » Lui seul décide, il n’y a pas à discuter !(Il suffit d’y croire ! Ce qui n’est pas toujours le cas.)   Connues pour abriter les poissons-clowns, les anémones de mer sont capables de vivre en symbiose avec les récifs. Elles appartiennent à l’ordre des actinies, qui signifient « qui rayonne«. Cet ordre est rattaché à l’embranchement des cnidaires.Lequel regroupe les coraux et les méduses ! Vous comprenez pourquoi les scientifiques hésitent, se plantent et se font des cheveux blancs ! Le terme « cnidaire » vient du grec ancien « knidé » traduit par « urticant, ortie » d’où le surnom donné par le grand Aristote à ces organismes : « orties de mer ». Orties ou pas orties les beignets d’anémones sont excellents !Considérées depuis l’Antiquité comme des plantes, voire comme des minéraux, les anémones de mer voient leur nature animale reconnue au XVIIIe siècle. L’observation de ces étranges êtres vivants permet aux scientifiques de l’époque de comprendre qu’il n’existe pas de différence ni fondamentale ni générale entre les espèces animales et végétales. Ils en concluent alors que les anémones de mer sont des êtres vivants intermédiaires entre le règne animal et végétal. Il y a de quoi se planter ! En 2007, le séquençage du génome d’une anémone de mer révèle aux biologistes la double nature des actinies. Ces êtres vivants possèdent des gènes propres aux mammifères et aux invertébrés, mais aussi un gène essentiel à la biogenèse des MicroARN (acides ribonucléiquescourts)chez les plantes. Or ce gène n’a jamais été retrouvé chez les animaux. Les biologistes en ont conclu que les anémones de mer sont des organisations moitié végétales, moitié animales. Evidemment on a rarement observé une anémone donner le sein à sa progéniture ! Ce qui la distingue de la vache rieuse.Contrairement à leurs cousins les coraux, les anémones de mer ont un squelette mou. Elles se collent aux rochers ou s’ancrent dans le sable grâce à leur pied ventouse. La plupart sont sédentaires. Certaines se déplacent parfois en s’accrochant à la coquille d’un bernard-l’ermite. Elles sont futées !L’énergie nécessaire aux anémones de mer provient du soleil. Les actinies hébergent des algues unicellulaires. En échange de la protection offerte par les anémones de mer, ces algues leur permettent de métaboliser l’énergie lumineuse. Les anémones de mer complètent leur menu par de petits poissons, du plancton et des crevettes qu’elles attrapent avec leurs tentacules. Les proies amenées jusqu’à la bouche sont ensuite digérées dans une cavité stomacale centrale. Les excréments sortent par la bouche. Tous les goûts sont dans la nature.Les tortues de mer sont friandes d’anémones de mer. Alors, certaines espèces peuvent s’arracher brusquement et nager en cas d’attaque. D’autres se défendent en lançant des filaments blancs urticants sur leurs agresseurs.Quelques actinies sont solitaires mais une grande partie vit en colonie sur les récifs. Beaucoup d’espèces ont développé des interactions à bénéfices réciproques avec d’autres animaux. Ce qui suppose que ces bestioles possèdent une carapace ou un mucus qui les protègent des tentacules urticantes. C’est le cas des poissons-clowns, mais aussi du crabe porcelaine et de certaines petites crevettes comme la Thor ambionesis et la Periclimenes pedersoni, (à vos souhaits !)qui ont fait des anémones de mer leur demeure. Le « crabe-boxeur »(Lybia tessellata) a une relation étonnante avec nos anémones : Avec ses pinces, il brandit et agite les tentacules des anémones pour impressionner ses prédateurs. Est-ce ainsi que les « bêtes »sont ?

J-L M.

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