Rose la Frioulaise ferme la crèche aux santons

Rose et Raymond les santonniers du Frioul

Photos Monti

 

Ils se sont installés sur le Frioul Place du marché dans les années 70 Rose et Raymond les santonniers de Saint Just  Raymond nous a quitté il ya quelques années, tous les frioulais se souviennent de l’homme bon vivant jovial.. Rose est sur l’archipel, elle participe aux diverses réunions des associations. Nous avons un pincement au cœur lorsque l’on a appris que l’atelier familiale avait été vendu.. Chacun d’entre nous possède un santon de Gelato et a chaque regard c’est vers Raymond et Rose que notre pensée se fixe.

 

C’est la fin d’une époque, boulevard Michel (13e). L’époque où Rose Gelato, puis Rose et ses filles, Muriel et Véronique, façonnaient minutieusement des santons dans leur vaste atelier familial, devenu vétuste au fil des ans. Car celle que tout le monde appelle Rosette, chez les santonniers comme dans le quartier, s’y était installée avec son mari en1961, après des débuts précaire  cinq années à travailler dans la cave d’un immeuble. Le vaste et lumineux atelier de Saint-Just, c’était alors le paradis pour le jeune couple. D’autres s’y installeront bientôt.Car  c’en est fini des santons pour les Gelato-Camoin (deux noms pour une même famille), artisans marseillais emblématiques, présents à toutes les foires aux santons phocéennes de1955 à2016. Le terrain a été cédé au promoteur Mistral qui vient d’obtenir un permis de construire pour 12 appartements et détruira les 600m² de bâtiments existants. « On a arrêté complètement l’activité fin 2016,explique Véronique Venturini, la cadette. Il était temps pour maman, à 86ans. Puis ma sœur e t partie à la retraite et je me retrouvais seule dans un local beaucoup trop grand, à 5ans de la retraite… Tant qu’on était toutes ensemble, on se serrait les coudes mais seule ,je n ’y arrivais plus, l’artisanat est trop difficile. Alors on a décidé de vendre. » Et ça n’a pas été bien compliqué, puisque trois promoteurs lorgnaient déjà sur le terrain. « C’était plus difficile de trouver des clients qu’un promoteur! » plaisante-t-elle. Le plus dur aura certainement été de tourner la page, d’accepter de voir raser un lieu où les filles passaient chaque soir après l’école. Où elles ont pris goût à ce métier. Où elles ont perpétué un « patrimoine familial » autant qu’un « savoir-faire ». Même si Véronique assure ne pas se retourner, elle reconnaît que « ça a été un peu dur pour maman au début .Évidemment, j’ai eu un pincement au cœur, un petit coup de blues, parce que j’ai toujours été là-dedans, c ’était passionnant, mais on est passé à autre chose ,ça ne me faisait plu manger et causait beaucoup de soucis… » Alors elle semble plutôt soulagée ,même si personne ne prendra le relais. Fière de son héritage et des réalisations que la famille laisse dans de nombreuses crèches. Audrey SAVOURNIN La Provence